PlaisirDcrire
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Prochaine rencontre pour les membres du Plaisird'crire le jeudi 18 Mai 2017 à 19h salle des asso à Mareuil sur Cher avec comme  thème proposé: alors raconte ...
Véro pour vous servir
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23
MAI 2017

Des espoirs
par Nicole


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#1421410 par johnnyberg sur sxc.hu

Noir est le ciel, l’orage arrive, on l’entend qui cavale, 
Noirs sont les nuages qui couvrent le bleu qui se délave,
Le vent se lève, en un seul coup, tombe la pluie.
La tempête claque, en accord avec mes peurs.

Noir est mon coeur qui souffre et pleure.
Bleues mes paupières pour faire joli, 
Qui le remarque, elles sont flétries.
J’essaie de colorer ma vie.
Un peu de bleu, dans tout ce gris.

Noir est mon coeur, 
Donner le change, ne pas craquer, 
Rester debout, malgré tout.
Noir est le ciel, noires mes pensées,
La pluie tabasse les allées, 
La grêle s’abat, déchire le silence
Un éclair, et soudain, l’arc-en-ciel
Comme un sourire , une promesse.
Je fais un v?u. 









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23
MAI 2017

Désarmer l'angoisse
par Nicole


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#968771 par andreyutzu sur sxc.hu

6 mai 2017

Désarmer l’angoisse.

Je sors, enfin, l’air libre, je respire un peu mieux
Les heures passent, indifférentes à  mes peurs, 
Je m’épuise, je tremble, je me rebelle, 
Mais rien n’y fera: la menace est là...
Les nuages jouent à changer de couleur, 
Le cercle du soleil couchant m’éblouit, 
Je continue à le fixer, les yeux me brûlent.
Le soleil devient noir, les nuages cèdent la place,
Les larmes coulent sur mes joues.
Je me raconte une histoire triste, 
Et j’écris dans le vide mes peines et mes douleurs, 
Les mots ne sont pas des remèdes ce soir, 
Les mots sont des flèches qui me transpercent, 
Je te parle, à toi qui est couché dans cet immense cube de béton, 
Je te dis que je ne sais pas comment je pourrais continuer, 
Je te dis que sans toi, rien ne sera plus possible, 
Je te dis que tu fais tellement partie de moi, 
Et que tu n’as pas le droit de partir.
Je pleure, les larmes sont légères, 
Et en même temps me libèrent de l’angoisse.
Les mots se perdent , je les pense, je les oublie, 
La tristesse, effacée, 
La peur, écrasée, 
Le désespoir, écrabouillé.
Ça ne peut pas se terminer comme ça, sur un lit d’hôpital.
Demain, je reviendrai, tu m’attendras, tu seras là.

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23
MAI 2017

L'appel , souvenir de ma sixième
par Nicole


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#1170097 par Topsoft sur sxc.hu

Entrée en sixième. 
Premier jour au collège. 
J’ai les chocottes. 
Pourvu qu’on ne commence pas par le cours de math!
Je suis nulle. Je déteste, je n’y comprends rien.
Je tremble dans mon tablier bleu.
Et ce que je redoutais arrive.
Une vieille en blouse blanche nous fait mettre en rang.
Et nous demande en plus du silence de baisser la tête en passant devant elle.
Je baisse la tête, autant que je peux. Je vais finir courbée en deux.
Une fois dans la salle, ordre nous est donné de rester debout.
Je crains le pire. Et si j’avais envie d’aller aux toilettes, subitement?
Perchée sur l’estrade, la vieille pie s’adresse à nous, 
Elle n’a pas l’air de rigoler.

"Je m’appelle Madame Tissier, 
Je suis votre professeur de mathématique."
Zut. C’est bien ma veine. 

Debout, raide, la mine sombre, Madame Tissier nous toise.
Elle nous fusille du regard, et je me sens rapetisser.
Encore un peu, et je vais fondre et couler sur le parquet ciré.
Silence. Pas un bruit. 
Une mouche vole, et je la regarde voler dans un rayon de soleil.
À cet instant, j’aimerais être une mouche, pour m’évader.
Un bruit sec me rappelle à l’ordre.
La règle frappe sur le bureau.
Interdit de regarder les mouches voler.
Interdit de lever les yeux.
Interdit de relever la tête. 
J’entends mes genoux qui flageolent. 
Je ris, intérieurement. Je file un coup d’?il discret à ma voisine, 
Je voudrais lui demander si ses genoux flageolent aussi.
J’ai des papillons dans la tête. Je m’invente des mots interdits.
Je les lance vers le tableau, paf, un dans l’?il de madame Tissier, repaf, un autre mot dans son autre ?il.
Je vais lui caillasser ses lunettes, à l’affreuse.
Elle me regarde, je sens qu’elle me regarde. 
La mouche passe au-dessus de ma tête, et se pose quelque part.
Je voudrais bien la voir.
Pas bouger.
Elle ne veut voir qu’une seule tête, et entendre une mouche voler.
J’ai envie de dire que justement, une mouche, il y en a une.
L’affreuse continue son inspection. 
Elle s’approche, nous renifle, nous dévisage.
Elle sent l’eau de javel.
J’ai envie de me boucher le nez. 
Pas bouger. Sinon, la porte. Et chez la directrice.
J’ai des fourmis dans la jambe droite. Je bascule discrètement vers la gauche.
Pas bouger. 
Est-ce qu’on va finir par s’asseoir ? 
Elle retourne vers son estrade, et s’y installe, royale.
J’ai des fourmis dans les deux jambes.
La voilà qui sort un grand cahier couvert de papier bleu pisseux.
Elle l’ouvre lentement, et déclare qu’elle va faire l’appel.
Je ris dans ma tête folle. 
Elle va faire la pelle, alors, qui va faire le seau? 
Chut. Pas bouger. Laisser passer l’ange qui vole.
Cette journée ne finira jamais. 
Je décroche, je pars à la pêche aux grenouilles chez mon tonton Maurice.
Pendant que je lance ma ligne, l’affreuse joue à faire la pelle.
J’entends mes collègues dire leur nom à tour de rôle.
Je suis loin, la grenouille a mordu au chiffon rouge.
Je sursaute. J’ai dû m’endormir, quelqu’un me crie dans l’oreille.
C’est mon tour pour la pelle. 
" Je vous demande de vous nommer! Comment vous appelez-vous ? Ah, ça promet!"
Je me retourne. 
À qui parle-t-elle? 
Et je comprends que c’est à moi de dire mon nom. On ne m’a jamais dit vous! Il y a erreur. Je suis encore petite. Je n’ai que 10 ans. Je veux ma maman.
" Alors, j’attends! On ne va pas passer la journée à faire l’appel. Votre nom, ou vous filez chez la directrice."
Je, je , je...m’appelle ( Ça y est, j’ai compris ce qu’elle demande! ) ....
Je m’appelle Nicole. J’ai dix ans, je déteste les maths, et je vais en baver toute l’année.
Cette prof de math m’a fait vivre un enfer.  
En louvoyant entre les équations à deux inconnues et les règles de trois , 
J’ai réussi à passer à travers les gouttes, j’ai survécu aux brimades, aux exercices qui me torturaient la cervelle, que j’avais légère, et j’ai, un jour, moi aussi enseigné les maths. 
Comme j’ai pu. Ça n’a jamais été mon truc. 
Mais ce premier jour en sixième restera gravé dans ma mémoire
Je me demande si la mouche avait un nom? 


 

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De Tuttifrutti le 23/05/2017
La pelle des mouches est un bon sujet. Chaque élève en posséderait une, l'intitulée. Faudra faire de la place pour les anti-seches sur les pattes, et régler les yeux comme des caméras pour détecter la présence de ce prof de maths.
Le meilleur serait de former les profs à compter les mouches, les organiser en équations et en logarithmes. Et là Nicole va rattraper sa sixième, transformer sa vie et s'accrocher au plafond, pour mieux nous voir, ou pour mieux se cacher. Et nous spectateurs de mieux en rire!

22
MAI 2017

l'épopée agrume
par Tutti Frutti


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L’épopée agrume.
 
Sans doute fallait-il l’éplucher quand nous l’avons dépecée. L’idolâtrie de son mensonge n’était qu’un fantastique élastique fantaisiste éléphant. Je vous invite à relire cette dernière phrase plusieurs fois pour en extraire la supercherie. Elle est de taille puisqu’il est statique. Le tout sur une plateforme mobile.



C’est ce genre de situation qui nous heurte à l’imprévu, au sortir de l’impasse sur le rond point. Dépêchez-vous d’y être, c’est peut-être déjà fini, le spectacle est ailleurs.
L’éléphant statique nous a surpris par sa taille, attendris par son air bonhomme.
D’autres ont vu des vaches multicolores, des énormes chiens rouges, des vases fluorescents de la taille d’un puits.



Notre environnement urbain se cosmétise. La grossièreté de ces statures nous révulse autant qu’elle nous atomise. Nous voici petits dans un monde grand. C’est l’épopée agrume.
Et nous roulons, roulons,dévalons, dévalons, telles des luges dans le grand canyon. Pour nous transformer en bouteilles de soda dans la baignoire... Et d’y faire des bulles.



Tout â l’heure je dormais. Je suis maintenant envahie de doutes et de mystères.
Mon Perrier rouge est à portée de doigts. J’y plonge ma langue râpeuse. Cette abreuve  me donne soif.




Nous vivons dans un vaste monde.
 
                                                                                    Délicieuse statique au repos avant la bataille.
                                                                                                                                                            Mai 2017

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22
MAI 2017

La Corneille de Bois Gibert
par Nicole


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#968771 par andreyutzu sur sxc.hu

20 mai, Centre de rééducation cardiovasculaire Bois Gibert

La corneille de Bois Gibert

Chaque midi, par la fenêtre du restaurant, je vois l’oiseau, 
Une petite boule noire qui marche dans l’herbe verte.
Il trottine, l’?il bien ouvert, et picore les vers de terre.
Est-ce un corbeau? 
Je ne sais pas.
C’est une corneille.
Une corneille au bec noir, toute petite dans la prairie.
Elle marche en boitillant, comme un petit canard, 
Elle remue son derrière.
Elle a des ailes, mais ne vole pas.
Elle habite dans un buisson, 
Elle est seule. 
C’est la corneille de Bois Gibert.
Suis-je la seule à l’observer
Cette corneille qui se dandine
La regarder me fait passer le temps plus vite.
Autour de moi, on mange, on parle, 
On décrit l’accident cardiaque, l’infarctus, 
On partage pour se rassurer, pour chasser les idées noires. 
Je mange seule, assise près de la fenêtre, 
Et je regarde la corneille.
J’entends les mots, j’entends les souffrances endurées, 
Les vies chamboulées, la peur, et le courage aussi.
Moi, dont le c?ur bat tranquillement, j’écoute
Et je m’évade par la grâce de cette jolie corneille boiteuse.

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22
MAI 2017

Les canards de Bois Gibert
par Nicole


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#1415307 par cmpt sur sxc.hu


21 mai, Centre de rééducation cardiovasculaire de Bois Gibert

Les canards de Bois Gibert

Ce matin, près du petit lac, les canards jouaient à "plonge-canard, derrière en l’air."
Assise sur le banc, au soleil, je savourais l’instant. Le calme, la verdure, je me sentais bien, comme une parenthèse dans mon quotidien compliqué.
J’ai tenté d’effacer les soucis, les inquiétudes, j’ai respiré l’air tiède, qui annonçait une belle journée. 
Je me suis demandée où j’aimerais être, à cet instant précis. 
Ces derniers temps, avant Bois Gibert, je me posais la question de temps en temps.
j’essayais de m’imaginer une vie ailleurs que chez moi, à Thésée. 

J’ai rayé de ma liste potentielle les villes de "grande solitude", pleines de voitures et de rocades, d’immeubles entassés dans des quartiers neufs, sans commerce. 
Impossible pour moi, la peureuse, qui se perd dans un couloir, de me projeter dans ce monde agité, compliqué, où le moindre déplacement m’injecterait une dose d’angoisse. 

J’ai tenté les petites villes de bord de mer, si agréables au printemps , mais si vides l’hiver. Les maisons fermées, n’ouvrant leurs fenêtres qu’en été, la foule des vacanciers, et les voitures...
Aller m’ennuyer ailleurs, pourquoi faire, m’aurait dit ma mère.
Ou alors, juste venir aux beaux jours, avoir comme les gens chanceux , une résidence secondaire. Et rester dans ma grande maison pour hiberner.
Option vite abandonnée. 
Je n’aurais jamais de maison à moi au bord de mer, ou ailleurs, même dans le Larzac, même en pleine campagne berrichonne. 
La réponse à la question a jailli, limpide: J’ai envie de vivre chez moi, dans ma maison, dans ce bled même pas joli. J’y ai mes habitudes, je ne peux pas les abandonner.
Les canards de Bois Gibert sont des canards libres et heureux.
Je les ai entendus venir avant de les voir. Ils sont passés au-dessus du parc, et ont rejoint, dans le ciel, des copains qui passaient. 
Reviendront-ils plonger leur bec, et lever leur derrière dans le petit lac, avant ce soir?
Ont-ils, comme moi, leurs habitudes, et leurs chemins tout tracés ?
Savent-ils revenir, sans se perdre?
Je ne suis même pas aussi libre que ces canards.
La terre sous mes pieds doit être mienne. Les routes que je parcours doivent être balisées. Seule, sans boussole, je ne saurais pas où aller.
Pour l’instant, je sais où je vais.  Je n’ai pas d’autres endroits où je serais bien aujourd’hui.
Un petit tour du parc, et je reprendrai mon tour de garde dans la chambre n°6.







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25
AVRIL 2017

Les jours qui restent
par Nicole


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Les jours qui restent.

S’accrocher, chaque jour, s’accrocher, résister.
Oublier les rêves, accepter ce qui est, 
Admettre ce temps qui est venu.
Ce que je croyais au temps de mon enfance,
Ce qui faisait le monde bien ouaté autour de moi, 
Ce qui me faisait rire et penser que jamais je ne serai comme eux. 
Les gens, les raisonnables, les couche-tôt, les étriqués,
Ce qui me donnait des ailes, qui me poussait vers l’inconnu, 
Cette envie de vivre à ma guise, d’entrer dans la ronde, 
Aujourd’hui me laisse désemparée. 
Je refuse encore de croire mon miroir,
J’espère toujours un retour en arrière, 
J’espère contre toute évidence un mot, un sourire, un regard qui me rassurerait.
Accepter, apprivoiser ces années, en tirer la sagesse,
Apprendre encore, tenter de comprendre l’incompréhensible, 
Tenter de sourire même si en dedans tout est gris.
Le temps est à la tristesse, légère mais perfide.
La Peur s’infiltre et tisse sa toile.
Peur des  lendemains qui ne chanteront plus, 
Peur de me perdre, peur de faire naufrage, peur de tant de choses.
Alors, pour oublier tout ce qui me hante, j’écris, je jette au feu mes maudits mots.
Je lance au vent ma misérable prose, en espérant qu’elle se dilue dans les nuées.
Ecrire, même peu, même mal, mais écrire pour me prouver que j’existe encore un peu. 

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De Tutti frutti le 08/05/2017
Il y a quelque part un magicien des peurs qui a fait une grande découverte.
Le fond des larmes mène un étrange combat, toujours sincère et fidèle.
Ce message est universel.
Gros câlins.

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