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23
MAI 2017

Alors raconte
par Nicole


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#483110 par VinnyPrime sur sxc.hu

Alors raconte....

Je vais vous raconter une histoire qui fait peur.

Il était une fois une petite souris qui avait volé une dent, cachée sous un oreiller.
C’était son travail. 
Quand un enfant perdait une dent, la petite souris venait, sans faire de bruit, voler la dent, mais à la place, elle déposait une petite pièce.
C’était très fatiguant, toute la nuit à trottiner de maison en maison. Et porter toutes ces dents, ça l’épuisait.
Voilà qu’une nuit, alors qu’elle cherchait son chemin sur les hauteurs de Pouillé, elle se trouva nez à nez avec un chat. Un bon gros chat de gouttière, tellement gros, qu’il avait du mal à marcher. C’était le chat de Madeleine.
La petite souris poussa un petit cri et ferma les yeux. Le chat, c’était sûr, allait la croquer. 
Au bout d’un moment, comme rien ne se passait, elle ouvrit un ?il. Le chat qui n’avait pas faim, se roulait dans l’herbe. 
La petite souris le voyant gigoter, posa son sac rempli de petites dents, et se mit à sautiller autour du chat.
Le vieux hibou, perché sur sa branche, observait ce qui se passait. 
De sa vie, il n’avait jamais vu un chat aussi gros, jouer avec une souris aussi petite.
Il aurait pu attraper la souris, et la grignoter, mais il n’avait plus faim lui non plus.
Alors, il prit son vol, et vint se poser doucement près des deux bestioles qui batifolaient dans l’herbe. Et n’y tenant plus, il se mit à pousser des Hou Hou Hou, et à voleter de ci de là...
Et voilà ce qui arriva: le chat miaulait des Miaou de joie, la souris poussait des petits couinements, le hibou hululait des Hou Hou Hou, je suis fou fou fou..
Tout ce tintamarre finit par réveiller Madeleine. Entendant ces drôles de bruits, elle secoua son mari:
" Michel, réveille -toi!"
Mais Michel ronflait. Alors Madeleine, prenant son courage à deux mains, et un balai dans l’autre ( oui, bon, elle n’a pas 3 mains, c’est une façon de dire...) descendit l’escalier. 
Elle ouvrit la porte, pas plus rassurée que ça, car la vie de Madeleine était jalonnée de choses, de gens, d’animaux qui mouraient. Elle se disait que ça finirait par lui arriver, mais elle luttait pour repousser le moment de monter chez Saint-Pierre. ( D’Ailleurs, elle était déjà montée là-haut, mais on l’avait renvoyée.) 
Cette nuit, sous la lune, Madeleine avançait à tâtons , se dirigeant vers les bruits qui lui parvenaient.
"Miaou! miaou! MIAOU!" 
"Mais c’est mon chat." Se dit la vaillante Madeleine.
"Hou Hou HOU!" 
"Mais il se bat contre un hibou, il va se faire écharper, mon chat est pacifique."
Alors,balai en avant, Madeleine fonça droit devant. Il fallait sauver son chat.
Le chat en question jouait à saute-souris, le hibou jouait à saute - chat, et la souris jouait à souris perchée. 
Madeleine fonçait, décidée à chasser le hibou. Elle ne vit pas le sac posé  par terre, et trébucha. Bardada, voilà Madeleine à plat ventre dans l’herbe humide. 
Le sac s’était ouvert et des dizaines de dents s’éparpillèrent partout. 
La souris, surprise, se précipita pour ramasser son sac. 
Elle se prit les pattes dans le balai de la pauvre Madeleine, qui poussa un cri d’effroi.
Sans demander son reste, la souris prit la poudre d’escampette, se promettant de ne plus s’aventurer dans ce village de Pouill?. 
Elle se souvenait s’être réveillée, étalée de tout son long sur un paillasson, dans la maison de la petite Marie. On l’avait crue morte, mais elle avait réussi à s’échapper.
Madeleine en avait profité pour raconter une histoire qui finissait mal...
Dans la chambre, bien au chaud, Michel dormait. Il rêvait que Madeleine volait, à cheval sur un hibou, suivie d’un chat qui dansait autour d’une souris grise. 
Il ne vit pas Madeleine qui remontait, toute tremblante, les genoux écorchés.
Elle parlait toute seule...
"C’est pas possible, cette souris, j’étais sûre qu’elle était morte, sur le paillasson . Ça ne peut pas être la même."
Elle se recoucha, retapa son oreiller. En y regardant de plus près, elle aperçut une pièce qui brillait sur le drap.. 
Elle se rappela alors qu’en se brossant les dents au moment du coucher, elle avait perdu une dent...

Nicole, mercredi 17 mai, en partage avec les amis du plaisirdcrire.







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23
MAI 2017

L'appel , souvenir de ma sixième
par Nicole


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#1423489 par nh313066 sur sxc.hu

Entrée en sixième. 
Premier jour au collège. 
J’ai les chocottes. 
Pourvu qu’on ne commence pas par le cours de math!
Je suis nulle. Je déteste, je n’y comprends rien.
Je tremble dans mon tablier bleu.
Et ce que je redoutais arrive.
Une vieille en blouse blanche nous fait mettre en rang.
Et nous demande en plus du silence de baisser la tête en passant devant elle.
Je baisse la tête, autant que je peux. Je vais finir courbée en deux.
Une fois dans la salle, ordre nous est donné de rester debout.
Je crains le pire. Et si j’avais envie d’aller aux toilettes, subitement?
Perchée sur l’estrade, la vieille pie s’adresse à nous, 
Elle n’a pas l’air de rigoler.

"Je m’appelle Madame Tissier, 
Je suis votre professeur de mathématique."
Zut. C’est bien ma veine. 

Debout, raide, la mine sombre, Madame Tissier nous toise.
Elle nous fusille du regard, et je me sens rapetisser.
Encore un peu, et je vais fondre et couler sur le parquet ciré.
Silence. Pas un bruit. 
Une mouche vole, et je la regarde voler dans un rayon de soleil.
À cet instant, j’aimerais être une mouche, pour m’évader.
Un bruit sec me rappelle à l’ordre.
La règle frappe sur le bureau.
Interdit de regarder les mouches voler.
Interdit de lever les yeux.
Interdit de relever la tête. 
J’entends mes genoux qui flageolent. 
Je ris, intérieurement. Je file un coup d’?il discret à ma voisine, 
Je voudrais lui demander si ses genoux flageolent aussi.
J’ai des papillons dans la tête. Je m’invente des mots interdits.
Je les lance vers le tableau, paf, un dans l’?il de madame Tissier, repaf, un autre mot dans son autre ?il.
Je vais lui caillasser ses lunettes, à l’affreuse.
Elle me regarde, je sens qu’elle me regarde. 
La mouche passe au-dessus de ma tête, et se pose quelque part.
Je voudrais bien la voir.
Pas bouger.
Elle ne veut voir qu’une seule tête, et entendre une mouche voler.
J’ai envie de dire que justement, une mouche, il y en a une.
L’affreuse continue son inspection. 
Elle s’approche, nous renifle, nous dévisage.
Elle sent l’eau de javel.
J’ai envie de me boucher le nez. 
Pas bouger. Sinon, la porte. Et chez la directrice.
J’ai des fourmis dans la jambe droite. Je bascule discrètement vers la gauche.
Pas bouger. 
Est-ce qu’on va finir par s’asseoir ? 
Elle retourne vers son estrade, et s’y installe, royale.
J’ai des fourmis dans les deux jambes.
La voilà qui sort un grand cahier couvert de papier bleu pisseux.
Elle l’ouvre lentement, et déclare qu’elle va faire l’appel.
Je ris dans ma tête folle. 
Elle va faire la pelle, alors, qui va faire le seau? 
Chut. Pas bouger. Laisser passer l’ange qui vole.
Cette journée ne finira jamais. 
Je décroche, je pars à la pêche aux grenouilles chez mon tonton Maurice.
Pendant que je lance ma ligne, l’affreuse joue à faire la pelle.
J’entends mes collègues dire leur nom à tour de rôle.
Je suis loin, la grenouille a mordu au chiffon rouge.
Je sursaute. J’ai dû m’endormir, quelqu’un me crie dans l’oreille.
C’est mon tour pour la pelle. 
" Je vous demande de vous nommer! Comment vous appelez-vous ? Ah, ça promet!"
Je me retourne. 
À qui parle-t-elle? 
Et je comprends que c’est à moi de dire mon nom. On ne m’a jamais dit vous! Il y a erreur. Je suis encore petite. Je n’ai que 10 ans. Je veux ma maman.
" Alors, j’attends! On ne va pas passer la journée à faire l’appel. Votre nom, ou vous filez chez la directrice."
Je, je , je...m’appelle ( Ça y est, j’ai compris ce qu’elle demande! ) ....
Je m’appelle Nicole. J’ai dix ans, je déteste les maths, et je vais en baver toute l’année.
Cette prof de math m’a fait vivre un enfer.  
En louvoyant entre les équations à deux inconnues et les règles de trois , 
J’ai réussi à passer à travers les gouttes, j’ai survécu aux brimades, aux exercices qui me torturaient la cervelle, que j’avais légère, et j’ai, un jour, moi aussi enseigné les maths. 
Comme j’ai pu. Ça n’a jamais été mon truc. 
Mais ce premier jour en sixième restera gravé dans ma mémoire
Je me demande si la mouche avait un nom? 


 

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De Tuttifrutti le 23/05/2017
La pelle des mouches est un bon sujet. Chaque élève en posséderait une, l'intitulée. Faudra faire de la place pour les anti-seches sur les pattes, et régler les yeux comme des caméras pour détecter la présence de ce prof de maths.
Le meilleur serait de former les profs à compter les mouches, les organiser en équations et en logarithmes. Et là Nicole va rattraper sa sixième, transformer sa vie et s'accrocher au plafond, pour mieux nous voir, ou pour mieux se cacher. Et nous spectateurs de mieux en rire!

22
MAI 2017

l'épopée agrume
par Tutti Frutti


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L’épopée agrume.
 
Sans doute fallait-il l’éplucher quand nous l’avons dépecée. L’idolâtrie de son mensonge n’était qu’un fantastique élastique fantaisiste éléphant. Je vous invite à relire cette dernière phrase plusieurs fois pour en extraire la supercherie. Elle est de taille puisqu’il est statique. Le tout sur une plateforme mobile.



C’est ce genre de situation qui nous heurte à l’imprévu, au sortir de l’impasse sur le rond point. Dépêchez-vous d’y être, c’est peut-être déjà fini, le spectacle est ailleurs.
L’éléphant statique nous a surpris par sa taille, attendris par son air bonhomme.
D’autres ont vu des vaches multicolores, des énormes chiens rouges, des vases fluorescents de la taille d’un puits.



Notre environnement urbain se cosmétise. La grossièreté de ces statures nous révulse autant qu’elle nous atomise. Nous voici petits dans un monde grand. C’est l’épopée agrume.
Et nous roulons, roulons,dévalons, dévalons, telles des luges dans le grand canyon. Pour nous transformer en bouteilles de soda dans la baignoire... Et d’y faire des bulles.



Tout â l’heure je dormais. Je suis maintenant envahie de doutes et de mystères.
Mon Perrier rouge est à portée de doigts. J’y plonge ma langue râpeuse. Cette abreuve  me donne soif.




Nous vivons dans un vaste monde.
 
                                                                                    Délicieuse statique au repos avant la bataille.
                                                                                                                                                            Mai 2017

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22
MAI 2017

La Corneille de Bois Gibert
par Nicole


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20 mai, Centre de rééducation cardiovasculaire Bois Gibert

La corneille de Bois Gibert

Chaque midi, par la fenêtre du restaurant, je vois l’oiseau, 
Une petite boule noire qui marche dans l’herbe verte.
Il trottine, l’?il bien ouvert, et picore les vers de terre.
Est-ce un corbeau? 
Je ne sais pas.
C’est une corneille.
Une corneille au bec noir, toute petite dans la prairie.
Elle marche en boitillant, comme un petit canard, 
Elle remue son derrière.
Elle a des ailes, mais ne vole pas.
Elle habite dans un buisson, 
Elle est seule. 
C’est la corneille de Bois Gibert.
Suis-je la seule à l’observer
Cette corneille qui se dandine
La regarder me fait passer le temps plus vite.
Autour de moi, on mange, on parle, 
On décrit l’accident cardiaque, l’infarctus, 
On partage pour se rassurer, pour chasser les idées noires. 
Je mange seule, assise près de la fenêtre, 
Et je regarde la corneille.
J’entends les mots, j’entends les souffrances endurées, 
Les vies chamboulées, la peur, et le courage aussi.
Moi, dont le c?ur bat tranquillement, j’écoute
Et je m’évade par la grâce de cette jolie corneille boiteuse.

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22
MAI 2017

Les canards de Bois Gibert
par Nicole


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21 mai, Centre de rééducation cardiovasculaire de Bois Gibert

Les canards de Bois Gibert

Ce matin, près du petit lac, les canards jouaient à "plonge-canard, derrière en l’air."
Assise sur le banc, au soleil, je savourais l’instant. Le calme, la verdure, je me sentais bien, comme une parenthèse dans mon quotidien compliqué.
J’ai tenté d’effacer les soucis, les inquiétudes, j’ai respiré l’air tiède, qui annonçait une belle journée. 
Je me suis demandée où j’aimerais être, à cet instant précis. 
Ces derniers temps, avant Bois Gibert, je me posais la question de temps en temps.
j’essayais de m’imaginer une vie ailleurs que chez moi, à Thésée. 

J’ai rayé de ma liste potentielle les villes de "grande solitude", pleines de voitures et de rocades, d’immeubles entassés dans des quartiers neufs, sans commerce. 
Impossible pour moi, la peureuse, qui se perd dans un couloir, de me projeter dans ce monde agité, compliqué, où le moindre déplacement m’injecterait une dose d’angoisse. 

J’ai tenté les petites villes de bord de mer, si agréables au printemps , mais si vides l’hiver. Les maisons fermées, n’ouvrant leurs fenêtres qu’en été, la foule des vacanciers, et les voitures...
Aller m’ennuyer ailleurs, pourquoi faire, m’aurait dit ma mère.
Ou alors, juste venir aux beaux jours, avoir comme les gens chanceux , une résidence secondaire. Et rester dans ma grande maison pour hiberner.
Option vite abandonnée. 
Je n’aurais jamais de maison à moi au bord de mer, ou ailleurs, même dans le Larzac, même en pleine campagne berrichonne. 
La réponse à la question a jailli, limpide: J’ai envie de vivre chez moi, dans ma maison, dans ce bled même pas joli. J’y ai mes habitudes, je ne peux pas les abandonner.
Les canards de Bois Gibert sont des canards libres et heureux.
Je les ai entendus venir avant de les voir. Ils sont passés au-dessus du parc, et ont rejoint, dans le ciel, des copains qui passaient. 
Reviendront-ils plonger leur bec, et lever leur derrière dans le petit lac, avant ce soir?
Ont-ils, comme moi, leurs habitudes, et leurs chemins tout tracés ?
Savent-ils revenir, sans se perdre?
Je ne suis même pas aussi libre que ces canards.
La terre sous mes pieds doit être mienne. Les routes que je parcours doivent être balisées. Seule, sans boussole, je ne saurais pas où aller.
Pour l’instant, je sais où je vais.  Je n’ai pas d’autres endroits où je serais bien aujourd’hui.
Un petit tour du parc, et je reprendrai mon tour de garde dans la chambre n°6.







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25
AVRIL 2017

Au temps des sixties
par Nicole


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Entrée en sixième. 
Premier jour au collège. 
J’ai les chocottes. 
Pourvu qu’on ne commence pas par le cours de math!
Je suis nulle. Je déteste, je n’y comprends rien.
Je tremble dans mon tablier bleu.
Et ce que je redoutais arrive.
Une vieille en blouse blanche nous fait mettre en rang.
Et nous demande en plus du silence de baisser la tête en passant devant elle.
Je baisse la tête, autant que je peux. Je vais finir courbée en deux.
Une fois dans la salle, ordre nous est donné de rester debout.
Je crains le pire. Et si j’avais envie d’aller aux toilettes, subitement?
Perchée sur l’estrade, la vieille pie s’adresse à nous, 
Elle n’a pas l’air de rigoler.

"Je m’appelle Madame Tissier, 
Je suis votre professeur de mathématique."
Zut. C’est bien ma veine. 

Debout, raide, la mine sombre, Madame Tissier nous toise.
Elle nous fusille du regard, et je me sens rapetisser.
Encore un peu, et je vais fondre et couler sur le parquet ciré.
Silence. Pas un bruit. 
Une mouche vole, et je la regarde voler dans un rayon de soleil.
À cet instant, j’aimerais être une mouche, pour m’évader.
Un bruit sec me rappelle à l’ordre.
La règle frappe sur le bureau.
Interdit de regarder les mouches voler.
Interdit de lever les yeux.
Interdit de relever la tête. 
J’entends mes genoux qui flageolent. 
Je ris, intérieurement. Je file un coup d’?il discret à ma voisine, 
Je voudrais lui demander si ses genoux flageolent aussi.
J’ai des papillons dans la tête. Je m’invente des mots interdits.
Je les lance vers le tableau, paf, un dans l’?il de madame Tissier, repaf, un autre mot dans son autre ?il.
Je vais lui caillasser ses lunettes, à l’affreuse.
Elle me regarde, je sens qu’elle me regarde. 
La mouche passe au-dessus de ma tête, et se pose quelque part.
Je voudrais bien la voir.
Pas bouger.
Elle ne veut voir qu’une seule tête, et entendre une mouche voler.
J’ai envie de dire que justement, une mouche, il y en a une.
L’affreuse continue son inspection. 
Elle s’approche, nous renifle, nous dévisage.
Elle sent l’eau de javel.
J’ai envie de me boucher le nez. 
Pas bouger. Sinon, la porte. Et chez la directrice.
J’ai des fourmis dans la jambe droite. Je bascule discrètement vers la gauche.
Pas bouger. 
Est-ce qu’on va finir par s’asseoir ? 
Elle retourne vers son estrade, et s’y installe, royale.
J’ai des fourmis dans les deux jambes.
La voilà qui sort un grand cahier couvert de papier bleu pisseux.
Elle l’ouvre lentement, et déclare qu’elle va faire l’appel.
Je ris dans ma tête folle. 
Elle va faire la pelle, alors, qui va faire le seau? 
Chut. Pas bouger. Laisser passer l’ange qui vole.
Cette journée ne finira jamais. 
Je décroche, je pars à la pêche aux grenouilles chez mon tonton Maurice.
Pendant que je lance ma ligne, l’affreuse joue à faire la pelle.
J’entends mes collègues dire leur nom à tour de rôle.
Je suis loin, la grenouille a mordu au chiffon rouge.
Je sursaute. J’ai dû m’endormir, quelqu’un me crie dans l’oreille.
C’est mon tour pour la pelle. 
" Je vous demande de vous nommer! Comment vous appelez-vous ? Ah, ça promet!"
Je me retourne. 
À qui parle-t-elle? 
Et je comprends que c’est à moi de dire mon nom. On ne m’a jamais dit vous! Il y a erreur. Je suis encore petite. Je n’ai que 10 ans. Je veux ma maman.
" Alors, j’attends! On ne va pas passer la journée à faire l’appel. Votre nom, ou vous filez chez la directrice."
Je, je , je...m’appelle ( Ça y est, j’ai compris ce qu’elle demande! ) ....
Je m’appelle Nicole. J’ai dix ans, je déteste les maths, et je vais en baver toute l’année.
Cette prof de math m’a fait vivre un enfer.  
En louvoyant entre les équations à deux inconnues et les règles de trois , 
J’ai réussi à passer à travers les gouttes, j’ai survécu aux brimades, aux exercices qui me torturaient la cervelle, que j’avais légère, et j’ai, un jour, moi aussi enseigné les maths. 
Comme j’ai pu. Ça n’a jamais été mon truc. 
Mais ce premier jour en sixième restera gravé dans ma mémoire
Je me demande si la mouche avait un nom? 


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25
AVRIL 2017

Les mots comme des papillons de nuit
par Nicole


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Les mots comme des papillons de nuit.

J’aurais voulu vous lire quelques lignes sublimes,
Chargées de mots légers, et de rires nacrés.
J’aurais aimé vous dire de jolies ritournelles, 
Pour égayer le ciel et balayer vos peines,

J’aurais choisi de peindre le ciel en son couchant, 
Raconter les parfums des roses d’orient.
J’aurais conté l’histoire de ces deux amoureux 
Marchant main dans la main et les yeux dans les yeux.

Les mots sont des nuages qui n’en font qu’à leur tête,
Je les imaginais courant sur le papier, tissant un beau roman.
Ils arrivaient dociles, les uns derrière les autres,
Mes amoureux allaient, légers , et toujours s’embrassant.

J’aurais dû me méfier, mais dans mon insomnie, 
L’histoire prenait forme, sans moi, elle grandissait.
Alors, je me suis dit: Je l’écrirai demain, 
Une si belle aventure ne peut pas s’effacer.

La nuit a avalé les  mots papillons qui en moi tournoyaient, 
Ils sont devenus poudre, nuées, inconsistants, 
Ces chameaux de mots que j’aurais dû garder sous l’oreiller.
J’aurais aimé vous les dire, mais j’ai tout oublié.



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