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02
NOVEMBRE 2016

Une nouvelle étoile
par Colombe


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Une Nouvelle Étoile
 
Il fait chaud, à l’approche des Saints de Glace, en cette année 1970 ; si bien que le Vendredi 8Mai, avec mon 1er mari et quelques copains, nous décidons d’aller dans les bois cueillir du muguet.
Pour ma part, j’ai un peu de mal à me baisser, ayant pris 6 kilos - 6 kilos seulement - depuis le début de ma grossesse, dont je suis au huitième mois. Mais, l’ambiance et le soleil aidant, je ramasse ma part comme les autres, en me ménageant néanmoins, pour m’éviter les coups de pied mécontents du petit qui attend en moi.
La soirée passe, je me repose puis nous nous couchons. Sur les coups de 3h du matin, patatras ! Je perds les eaux ! Je me sens bien mais je m’inquiète un peu quand même, le terme n’est prévu que pour la mi-Juin !
Ce Samedi 9 Mai, dès que l’heure est décente nous téléphonons au gynécologue, qui me reçoit illico et m’examine. Je ne me vante bien sûr pas de ce que j’ai fait la veille, lui qui m’avait conseillé de rester au calme jusqu’à l’accouchement ! Je vivais tellement bien cette grossesse, sans nausées ni rien des symptômes désagréables habituels, que j’ai toujours continué à vivre normalement.
L’homme de l’art me rassure, tout va bien, le bébé risque d’arriver plus tôt que prévu mais il prendra quand même son temps.
 

Nous passons le Dimanche 10 Mai chez mes beaux-parents puis, sur l’insistance de ma belle-mère, restons pour dîner. Je me force à manger les épinards à la crème qu’elle a préparés, bien que je ne les apprécie guère, déjà, en temps normal. Mais, ce soir-là, ils me donnent carrément la nausée... La chaleur, peut-être ?
Bien sûr, nous ne disons rien de ma petite mésaventure de la nuit précédente, puisque le gynécologue a assuré que tout va bien : inutile de créer de l’inquiétude pour rien...
C’est à la fin de ce dîner, vers 10h du soir, que je commence à ressentir les premières contractions ! Mon mari m’emmène à la clinique ; l’infirmière de garde m’examine et estime que c’est bien trop tôt, pestant contre ces maris toujours trop inquiets...
 
Comme c’est mon premier enfant, elle prétend qu’il n’y a pas d’urgence, qu’il naîtra vraisemblablement dans la matinée du lendemain et elle incite mon mari - qui souhaite être là pour la naissance - à rentrer chez lui passer la nuit et à ne revenir que le lendemain matin...
 
Je me retrouve donc seule - mais en compagnie d’une autre jeune femme puisque c’est une chambre à deux lits. Cette femme était là avant moi et ne cesse de gémir, de pleurer, de se plaindre, de craindre le pire et de hurler à chaque contraction, malgré les exhortations de l’infirmière qui craint la contagion de l’hystérie : tout pour que je puisse moi-même rester calme !!!
Peu à peu bien sûr, mes contractions se font de plus en plus rapprochées, de plus en plus fortes, de plus en plus douloureuses. Pourtant l’infirmière, qui vient m’examiner régulièrement, soutient que le col n’est pas encore assez dilaté et qu’il n’y a toujours pas d’urgence : elle ne veut pas déranger le gynécologue un Dimanche soir sans doute.
Entre temps, ma voisine de chambre a elle-même accouché d’une petite fille, maintenant elle dort et je peux me détendre un peu : ses angoisses, ses jérémiades et ses pleurnicheries décrivant les pires situations me fatiguaient.
 
Peu après minuit pourtant,c’est le grand branle-bas ! L’infirmière de garde vient de m’examiner et revient avec une autre personne, une sage-femme je crois comprendre, pour m’emmener en salle d’accouchement : l’urgence qui n’était pas urgente s’est néanmoins faite de plus en plus urgente !
À tel point que c’est à 1h10 du matin, le Lundi 11 Mai premier jour des Saints de Glace, qu’apparaît une nouvelle petite étoile, non pas du soir mais de la nuit, un petit astre de 2 kg200, si petit qu’on ne veut pas me le laisser lorsque l’on me ramène dans la chambre...
 
Le Lundi matin, comme prévu, mon mari arrive pour assister à l’accouchement. Il me demande comment je vais, je lui réponds que tout va bien et que çà y est, le bébé est là, tout est terminé ! Incrédule, il tâte mon ventre mais doit se rendre à l’évidence : son fils est né sans lui ! Et il peste contre l’infirmière, si sûre d’elle, qui l’a fait repartir alors qu’il aurait dû être là...  
Heureusement,voilà qu’on nous apporte le bébé endormi, portrait craché de son père, tout beau, tout rose, tout détendu. Tout va bien : notre petite étoile est là...
 

 


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02
NOVEMBRE 2016

La Nuit du Solstice
par Colombe


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La lune était presque dans son premier quartier ce soir-là, lorsque je me suis couchée. Alors que je commençais tout juste à m’endormir, j’eus l’impression d’entendre de légers bruits, comme des chuchotements étouffés, des petits cris assourdis,des murmures imperceptibles. Je crus d’abord qu’il s’agissait des sons infimes venus de mondes parallèles, comme il m’arrive parfois d’en entendre : faibles paroles indistinctes ou musiques feutrées.  Mais, en tendant l’oreille du mieux que je le pouvais, je me rendis compte que c’était autre chose : il y avait comme une joie, une allégresse même, dans ces chuchotis, alors que je n’avais jamais ressenti cela dans ces autres sons venus d’ailleurs. Je pensais alors qu’il y avait peut-être quelqu’un en bas.
 Je décidais de me lever sans éveiller mon mari. J’enfilai mes mules et mon peignoir et, munie d’une lampe de poche, je descendis au jardin voir discrètement ce qu’il en était. Et je ne fus pas déçue de ma découverte !!!
 
Le ciel brillait de toutes ses étoiles. La lune dispensait une lumière blafarde sur le potager que mon mari cultive avec tant de soins et d’amour, mais je pouvais néanmoins distinguer chaque rangée de légumes bien alignés sans avoir recours à ma lampe de poche. Bien sûr, les murmures avaient cessé lors de mon arrivée malgré ma discrétion ; je repérai donc un endroit où pouvoir regarder et entendre sans être vue.
Je me blottis du mieux que je pus entre les larges feuilles d’un pied de rhubarbe et celles des artichauts et, aussi immobile qu’une statue, j’attendis. Oh, pas longtemps ! À peine m’étais-je ainsi dissimulée que les chuchotements reprirent, discrets mais tout à fait identifiables cette fois. Et ma surprise fut telle que je faillis de nouveau déranger ces ténus bruissements. Je n’en croyais ni mes yeux, ni mes oreilles ! Et pourtant !
 
Tout le monde sait bien que, pendant la Nuit de Noël, les animaux peuvent parler. Mais ce soir-là, nous n’étions pas dans cette période, puisque c’était le Solstice d’été ! D’ailleurs, la nuit était très douce et pas le moindre petit zéphyr n’agitait les feuilles des arbres alentour. Pourtant, au potager, je voyais bien les légumes bouger, chacun à leur tour : un coup c’était le rang des radis qui frémissait, ensuite c’étaient les tiges des haricots, puis le feuillage des tomates et ainsi de suite. Je ne comprenais pas ce qui faisait remuer ainsi les plantes, puisqu’il n’y avait pas de vent ! Était-ce un animal quelconque, mulot ou autre, qui s’en prenait ainsi aux légumes, passant d’une planche à l’autre ? Mais comment faisait-il donc pour être aussi vite et simultanément dans le rang des radis, puis dans celui des haricots et enfin dans celui des tomates, qui ne se touchaient pas ? Y en avait-il plusieurs, chacun dans sa planche ? Ou bien étaient-ce des insectes ? Mais la même question se posait alors pour eux comme pour les mulots.

Et puis tout semblait trop bien orchestré pour mes supposées explications rationnelles. Alors quoi d’autre ???
Pendant que, sans oser bouger d’un poil, je me torturais l’esprit pour tenter de comprendre ce qui se passait chez les légumes du potager, voilà que j’entendis de nouveau ces chuchotements, sans encore bien comprendre ni ce qu’ils disaient, ni d’où ils venaient. Cependant, comme j’avais toujours les yeux rivés sur les légumes, je me rendis compte que les mouvements des feuilles des dits légumes correspondaient tout à fait aux modulations des chuchotis ! C’était comme une sorte de ola végétale, très gaie et enthousiaste. Çà alors ! Comment était-ce possible ?
Je tentais autant que je le pouvais de tendre l’oreille vers cette manifestation de joie et je finis enfin, bien que tout à fait incrédule, par comprendre les paroles, si je puis dire, de ces clameurs quasi muettes et de cette sorte de danse des feuillages légumiers. Bien qu’ayant grand mal à y croire, je dus me rendre à l’évidence : c’étaient bien des paroles - et même des cris de joie - que j’entendais !
 

Chaque fois que la rangée de radis agitait ses feuilles, ils criaient :
« Chez Carbo ! »
« Tout est bio ! » répondaient les haricots en s’ébrouant.
Puis c’étaient les pieds de tomates qui s’enroulaient sur leur tuteur comme des danseuses de corde en clamant :
« Tout est beau ! ».
Le tout dans une bonne humeur si communicative que les autres légumes se mettaient eux aussi à agiter leur feuillage, en silence toutefois, eux, semblait-il.
 C’était comme s’ils applaudissaient à ce non bruyant témoignage de bonheur de leurs compagnons de potager : les grandes feuilles des courgettes battaient les unes contre les autres comme des mains, celles des poireaux s’étiraient vers le ciel comme s’ils lançaient des coups de trompette joyeux vers les étoiles, les fleurs des pieds de pommes de terre s’agitaient comme des clochettes... C’était un véritable orchestre et un choeur qui s’égosillait en silence ou presque.
 
J’étais à la fois ébahie, amusée et ravie de ce spectacle, bien que fortement incrédule. Mais quoi, mais yeux et mes oreilles me prouvaient bien que je ne rêvais pas, non ? Ainsi que la fraîcheur qui commençait, avec le ciel pâlissant, à s’insinuer dans mes membres engourdis d’être restés si longtemps immobiles. Je décidais alors de remonter me coucher, tout aussi discrètement que je m’étais levée, en tentant de ne pas déranger les artistes du spectacle incroyable auquel je venais d’assister et en pensant que, si mon mari avait pu assister lui aussi à ce genre de scène, il en aurait été bigrement heureux !
 
Lorsque je m’éveillai le lendemain matin, j’avais encore dans la tête la petite ritournelle que j’avais entendue dans la nuit et qui glorifiait ainsi le travail de mon mari :
 
« Chez Carbo, tout est bio,tout est beau ! »
 
Mais je savais bien que ce n’était qu’un rêve et qu’il ne serait alors pas de bon aloi de le lui raconter : il serait trop déçu de ne pouvoir faire le même.
Le coeur encore empli du bonheur que m’avait procuré ce rêve incroyable, je me levai donc et enfilai mon peignoir et mes mules.
 
Un rêve, vraiment ? Pourquoi donc, alors, mes mules étaient-elles aussi humides ? Et cette herbe encore collée à mon peignoir ? Et ma lampe de poche, pourquoi n’est-elle pas à sa place ? ? Comme je ne suis pas somnambule, alors que s’est-il passé ???
 
Et si ce n’était pas un rêve ? Si les légumes du jardin chantaient vraiment leur bonheur ?
Bon, allons ne dis plus rien. De toute façon, personne ne te croira : tu as juste rêvé !
 
Pourtant moi, je sais bien maintenant que, la nuit du Solstice d’été, les plantes parlent et dansent et, même, applaudissent !!!
 


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17
OCTOBRE 2016

ET C'EST AINSI QUE NAÎT LA JOIE
par Liliane


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#1425955 par bluegum sur sxc.hu

Et c’est ainsi que naît la joie


Griffe le temps,
Passe la vie,
Passe l’automne,
Où la pâleur des verts frisonne,
Où chaque feuille,
En tombant,
Dans le bois résonne,
Où l’or et la pourpre,
Foisonnent,
Je suis à la table des rois,
Je suis à la table des manants,
Et c’est partout la même fête,
Et c’est partout la même joie,
Griffe le temps,
Passe la vie,
Passe la vie au fil du temps,
Je suis manant,
Et je suis roi,
Je suis l’automne,
Je suis le bois,
La feuille qui frisonne,
La pourpre et l’or,
Et je suis moi,
En même temps,
C’est ainsi que naît la peine,
C’est ainsi que naît la joie,
Pour le manant,
Et pour le roi.

LES AVISÉCRIRE UN COMMENTAIREHAUT^

De Colombe le 05/11/2016
Belles images de l'automne... Merci Liliane !

16
AVRIL 2016

Réverbère 17-08
par Colombe


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Réverbère 17-08
 
Tous les soirs, dans chaque commune à la tombée du jour, les lampadaires de l’éclairage public s’allument. Ceux de ce petit bourg tranquille ne font pas exception à la règle. Cependant, il fut un temps où rien n’allait comme il faut, chez le peuple des lampadaires. Voici pourquoi :
 
À cette époque, pas si reculée puisque la fée électricité équipait, depuis déjà longtemps, toutes les rues de toutes les villes et de tous les villages, ce petit bourg tranquille était pourvu de lampadaires désuets, qui consommaient beaucoup d’énergie pour ne diffuser qu’une lumière pâlotte, peu avantageuse pour le teint.
 
Le Réverbère 17-08 -- désormais, on ne dit plus " réverbère ", mais cette appellation avait été gardée pour identifier chaque lampadaire du village : ainsi, le Réverbère 17-08 était le 8è lampadaire de la 17è rue -- le Réverbère 17-08, donc, était situé tout au bout de la bourgade et donnait sur le jardin de la dernière maison de la 17è rue.
 
Ce jardin appartenait à un petit homme tranquille qui, la nuit venue, se plaisait à flâner dans son jardin éclairé parle Réverbère 17-08. Il aimait voir ses arbres et autres plantes sous un nouveau jour, si j’ose dire, puisqu’il faisait alors nuit.
 
La lumière blafarde du Réverbère 17-08 traversait les feuillages du jardin et en prenait les teintes, puis allait se réfléchir sur le mur blanc de la maison en une multitude de taches multicolores. Le petit homme était toujours émerveillé par ce spectacle, dont il ne se lassait pas, même par temps de pluie car alors les taches multicolores se transformaient en une myriade de gouttelettes chamarrées. C’était féérique : Noël tous les soirs...
 
Et le Réverbère 17-08 était heureux de voir que son travail nocturne était apprécié et rendait heureux ce petit homme admiratif.

Or, un jour, la municipalité de ce petit village tranquille décida de moderniser son parc et de se mettre au goût du jour, en remplaçant les globes obsolètes par des sortes de marmites cuivrées dont les ampoules, moins énergivores, donnaient une lumière orangée.
 
Ce n’était pas laid : il fallait simplement s’y habituer...
 
Les deux ou trois premiers soirs, le petit homme sortit, à son habitude, se promener dans son jardin pour y admirer l’arc en ciel de couleurs.
 
« Et comment seront donc ces couleurs, avec cette lumière orangée ? »
 
Se demandait-il avec curiosité. Mais d’arc en ciel, point ! Seule, une langue de lumière orangée ourlait les feuillages avant de lécher le mur de sa maison. Déçu, le petit homme rentra chez lui et ne descendit plus, le soir, dans son jardin.
 
Et le Réverbère 17-08 se sentit abandonné : son travail n’intéressait plus personne ! Alors, au soir du quatrième jour, il ne s’alluma pas.
 
« Tiens ! L’ampoule serait-elle donc déjà grillée ? »
 
S’étonna le petit homme. Il attendit donc qu’on la remplaçât. Car, s’il ne descendait plus la nuit dans son jardin, il appréciait néanmoins un éclairage qui lui permette d’y voir assez clair lorsqu’il lui arrivait de rentrer tard chez lui. Mais, les jours passant,l’ampoule n’était toujours pas remplacée.
 
« Ils ne se sont peut-être pas aperçus que ce lampadaire n’éclairait plus ? »
 
C’était plausible car, étant situé tout au bout de la 17è rue elle-même située tout au bout du village, peu de monde passait là de nuit et, bien sûr, de jour on ne pouvait savoir que l’ampoule était grillée.
Le petit homme alla donc signaler l’incident à la Mairie mais on lui rit presque au nez !
 
« Comment ??? Déjà ??? Non ! Ce n’est pas possible ! Tout est neuf ! Çà vient juste d’être installé ! Vous devez vous tromper. »
 
Mais, bien sûr, le petit homme n’en démordait pas : il savait bien, lui, que SON lampadaire ne fonctionnait plus.
 
Quand même, un jour, un technicien vint voir le Réverbère 17-08 et intervint pour faire le nécessaire. Mais le soir, comme le petit homme guettait l’allumage des lumières du village, rien ne se passa devant chez lui. Dépité, il rentra en pestant :
 
« Même pas capables de changer une ampoule ! »
 
Il retourna derechef signaler que l’intervention du technicien n’avait rien donné et ressentit parfaitement l’agacement de ses interlocuteurs.
Alors, il attendit, attendit, attendit... Mais les jours passèrent et personne ne semblait se préoccuper du Réverbère 17-08.
 
Au bout de plusieurs mois, lassé de voir que SON lampadaire - et seulement celui-là, car il l’avait vérifié auprès des autres luminaires du village - n’éclairait toujours pas, il retourna tempêter à la Mairie :
 
« Rendez-vous compte ! S’il arrivait quoi que ce soit à cause du manque de lumière, je vous en tiendrais pour responsables ! Et puis, avec cette vague de cambriolages dans nos campagnes, je ne me sens plus en sécurité, moi, dans le noir ! Alors,faites quelque chose et vite ! Sinon çà va mal aller, çà je vous l’assure ! »
 
Il alla même jusqu’à menacer de porter plainte si rien n’était fait pour remédier à la défaillance du Réverbère 17-08 ! Mais que pouvait-il réellement faire contre cette inertie municipale ?

Quelques jours plus tard, quand même, le Réverbère 17-08 fut de nouveau examiné. Le technicien passa plusieurs heures à tout vérifier et à chercher d’où pouvait bien venir cette panne indétectable et incongrue, qui n’était vraisemblablement pas due à une ampoule défectueuse.
Mais il ne trouva rien...
 
Alors, la mort dans l’âme, le petit homme se fit une raison : non seulement il n’avait plus son arc en ciel, son Noël à lui, dans son jardin, mais encore il devrait rester dans l’ombre ad vitam æternam...
 
Mais qu’en était-il donc du Réverbère 17-08 ? Trop triste de ne plus voir le petit homme admirer ses effets de lumière au travers du feuillage et sur le mur de sa maison, le Réverbère 17-08 faisait la grève, tout simplement !...
 
Et comme personne, non personne, pas même le petit homme frustré, ne pouvait penser un seul instant qu’un lampadaire, si moderne soit-il, puisse imaginer de se rebeller ainsi, le Réverbère 17-08 resta définitivement éteint, au grand dam des rares promeneurs qui passaient près de lui, au risque de s’y heurter dans le noir.

Quant au petit homme tranquille, comme il lui déplaisait d’être ainsi voué à l’ombre maléfique de la nuit, il installa l’un de ces nouveaux systèmes d’éclairage qui s’allument au moindre mouvement. Ainsi, lorsqu’il lui arrivait de rentrer tard chez lui, il n’était plus obligé de craindre un importun ou de tâtonner pour trouver sa serrure.
 
En outre, afin de retrouver l’arc en ciel dans ses arbres, il plaça un spot qui envoyait des multitudes d’impulsions colorées parmi les feuilles et sur le mur de sa maison. Il retrouva donc ainsi les émerveillements d’autrefois, lorsque le Réverbère 17-08 fonctionnait à l’ancienne.
 
Voyant que ce lampadaire était maintenant devenu tout à fait inutile, la municipalité décida un jour de le faire tout simplement enlever. Heureusement, cela ne se fit pas de suite car...
 
Alors, comprenant que, d’une part, l’on faisait fi de sa bouderie et que, d’autre part, somme toute, on n’avait plus besoin de lui et qu’il risquait donc de terminer son existence à la ferraille, le Réverbère 17-08 décida de sortir enfin de sa grève et se remit un soir à fonctionner, au grand étonnement du technicien qui n’y comprenait rien et du petit homme qui, maintenant, s’en fichait bien.
 
En fait, plus personne ne s’intéressait plus au sort de ce lampadaire récalcitrant... sauf les chiens !

Néanmoins, le petit homme remercia " son " lampadaire pour la lumière qu’il lui dispensait de nouveau et se réjouit que les rares passants ne risquent plus de s’étaler de tout leur long en se prenant le pied dans un malheureux cailloux ou dans un trou devenu invisible dans la nuit. Le Réverbère 17-08 en était bien content, même s’il regrettait le bon vieux temps où sa lumière créait de la féérie dans le jardin du petit homme, son voisin.
 
Mais qui pouvait bien se soucier des états d’âme d’un malheureux lampadaire ??? Fut-il le respectable Réverbère 17-08...
 
 

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05
MARS 2016

Salon de l'Agriculture
par Colombe


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Salon de l’Agriculture
 
L’autre jour, je suis allée au Salon de l’Agriculture. J’y suis arrivée très tôt afin d’avoir une chance de ne pas y être trop bousculée. Je me suis d’abord dirigée vers les Bovins pour y admirer Vaches et Taureaux, bien brossés et superbes avec leurs cornes toutes lustrées. Alors que l’un d’entre eux s’approchait tranquillement de moi et me tendait sa tête comme s’il quémandait une caresse, l’éleveur se précipita sur moi, au risque d’effrayer l’animal, en me criant :
- « Ne le touchez pas ! Vous allez vous faire blesser ! »
Je reculai aussitôt, regardai le Taureau qui semblait déçu et pas du tout agressif, et m’en fus vers d’autres box.
Je parvins auprès des Chevaux : ils étaient magnifiques, dignes du Cadre Noir avec leur crinière et leur queue parfaitement étrillées. Là encore, l’un d’entre eux s’en vint calmement près de l’endroit où je me trouvais, baissant la tête à ma hauteur. C’était trop tentant : je tendis la main pour caresser la belle crinière blonde quand nous sursautâmes tous deux, le Cheval et moi ! Une voix de stentor retentit dans mes oreilles, impérative :
- « On ne touche pas les animaux ! »
Je me retournai vivement mais ne parvins pas à identifier d’où était venue la voix. Je quittai néanmoins l’espace équin pour m’approcher des Chèvres.
Là, les Biquettes étaient plusieurs dans des box respectifs selon leur race. Il y en avait de toutes sortes et de toutes couleurs, mais celles qui m’attirèrent le plus furent les Chèvres angora, avec leurs longs poils soyeux. Les Chèvres, très curieuses, s’étaient approchées de la barrière à laquelle j’étais appuyée et y posaient leurs pattes avant en tendant le cou pour des caresses. Ayant eu déjà l’occasion de visiter un élevage de ce type de Chèvres, j’eus envie de retrouver le doux contact de leur toison. Mais à peine avais-je tendu le bras vers la plus proche d’entre d’elles qu’une grosse main s’abattit sur la mienne et la tira vivement en arrière. Je me retournai :
- « Laissez les Chèvres tranquilles ! »
M’ordonna l’homme qui me tenait toujours fermement le bras, de crainte sans doute que je ne réitère mon mouvement... Je m’en fus donc, dépitée de nouveau.
Je me retrouvai alors près des Moutons et j’en fus toute attendrie, car des petits se blottissaient contre leur mère. J’avais toujours eu envie de tâter ces toisons épaisses et toutes bouclées, d’y enfoncer les doigts pour en estimer la chaleur et l’épaisseur, mais je n’en avais jamais eu l’occasion.
- « Cette fois, je vais le faire. » - pensai-je, réjouie d’avance.
Pourtant, là encore, je n’en eus pas le loisir ! L’éleveuse m’en dissuada sans ménagement ! Décidément, ce n’était pas mon jour et j’en étais chagrinée, car j’avais bien vu dans les reportages à la télé qu’on laissait volontiers les enfants caresser les animaux. Bon, peut-être pas les Taureaux ni les Chevaux, mais au moins les Chèvres et les Moutons. Il est vrai que je ne suis plus, hélas, une enfant...
Plutôt déçue de ma visite, je m’éloignai de ces éleveurs mal embouchés et, la foule commençant à arriver à gros flots, je me réfugiai dans un endroit plus calme, un peu à l’écart ; plus sombre aussi. Je m’adossai à une stalle en me demandant ce que j’étais bien venue faire dans cette exposition, bruyante et stressante pour les animaux, et pensai qu’il valait peut-être mieux en partir...
J’en étais là de mes réflexions hésitantes lorsque j’entendis, discrètement mais très distinctement murmuré près de mon oreille :
- « Ce n’est pas ton jour de chance, on dirait ! »
Je me retournai vivement mais ne vis personne qu’un Âne, dont je n’avais pas deviné la présence, à demi caché dans l’ombre de son recoin. 
- « Oh pardon ! » - m’exclamai-je - « Je ne t’avais pas vu ! Comme tu es beau ! Ou belle peut-être ? »
- « Je suis un, pas une. » - me répondit-il doucement« Je m’appelle Broutain. »
Là, j’en serais tombée par terre si je n’avais tenu la barre entourant le carré de foin qui tenait lieu de pré à l’animal !
- « Décidément, je ferais bien de quitter cet endroit ! » - pensai-je.
- « Mais non, reste un peu avec moi, s’il te plaît. Tu vois, personne ne vient jusqu’ici et je m’ennuie, là tout seul. » - me répondit l’Âne.
- « Bon, d’accord. » - lui dis-je - « Mais tu me laisseras te caresser tes douces oreilles ? »
- « Si tu veux. J’aime bien les caresses. Mais je n’en reçois que rarement ! »
Je fis donc ce que j’avais dit, passant des oreilles au museau, puis au dos de l’animal qui se laissait faire avec, semblait-il, grands délices.
Mais bientôt les mouvements de foule refoulèrent vers nous quantité de monde et je cessai mes câlineries. Le haut-parleur annonça l’arrivée des officiels. L’un d’eux apparut bientôt, en effet.
- « Celui-là, un peu rond, avec ses lunettes et son air bon enfant »- me glissa Broutain d’un ton rêveur - « il est plus bêtaud que méchant, et bien trop influençable. Dommage, il aurait pu faire de grandes et belles choses. Il avait de bonnes idées... »
Ce groupe parti, je restai près de Broutain avec lequel je dialoguai : il me donnait son opinion sur tel ou tel autre personnage et ne se trompait jamais. Il m’amusait et je ne regrettais plus d’être venue et de m’être fait jeter des autres stands. Je m’étais assise par terre, mon compagnon s’était couché contre la barrière et nous devisions tranquillement : c’était irréel et merveilleux.
Les officiels se succédaient, tous plus m’as-tu vu les uns que les autres... Au bout de quelque temps, on annonça un nouvel arrivant connu. Aussitôt Broutain,qui s’était un peu assoupi, se redressa et j’en fis de même. L’homme avait bien moins belle allure que les précédents et semblait très nerveux.
- « Celui-là, avec ses feuilles à la Gainsbourg et sa démarche sur ressorts style Zébulon » - commenta Broutain - « méfie-t-en comme de la peste : c’est un ambitieux mal embouché et prétentieux. »
J’étais ébahie ! Comment Broutain pouvait-il ressentir ce que je pensais moi-même de l’individu en question ? Qui avait d’ailleurs déjà fait ses preuves dans ce sens-là. Je n’en revenais pas. Lisait-il dans mes pensées ? Il me fit comme çà autant de commentaires, tout aussi pertinents, qu’il arriva de personnages, se succédant tous pour se montrer et se faire valoir tant et plus.
- « En fin de compte, j’ai bien fait de rester à cette foire, sinon d’empoigne du moins d’exhibitions multiples et variées ! » - pensai-je - « C’est fort instructif et amusant ! »
Puis, comme je m’apprêtai quand même à partir - avec beaucoup de regrets - je dis à Broutain :
- « Tu vois, finalement, ce sont plutôt tous ces " m’as-tu vu " qu’il faudrait mettre en cages à votre place à vous, les animaux, bien plus sages et bien plus humbles qu’eux ! »
- « Et on pourrait leur envoyer des quolibets et des oeufs pourris ? »
J’éclatai de rire et approuvai sans réserve la proposition. Puis j’embrassai Broutain sur son doux museau et m’en fus, à la fois triste de partir et réjouie de mon aventure si incroyable et tout à fait extraordinaire...
 
(05/03/16)
 


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10
OCTOBRE 2015

Née un 17 Juillet !!!
par Colombe


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Née un 17 Juillet !
 

J’aurais pu naître un soir de joie, de musique et de feu, un soir de retraite aux flambeaux, le soir d’un 13 Juillet par exemple, ce qui m’aurait peut-être valu un caractère plus gai et lumineux. Eh bien non !
 
J’aurais pu naître un jour de liesse, de défilés, de danses et de rires, un jour de souvenirs, le jour d’un 14 Juillet par exemple, ce qui m’aurait peut-être valu un caractère enjoué et léger. Eh bien non !
 
Je ne suis née qu’un 17 Juillet, en plein milieu des cinq jours épagomènes du calendrier égyptien - celui de cette admirable civilisation antique des bords du Nil, pas celui de l’Égypte actuelle...
Cette petite période se trouve en fin de la saison d’été Chemou, juste entre la fin du mois Mésori qui termine l’année nilotique et le début du mois Thout qui, lui, commence l’année nouvelle. Ces cinq jours étant considérés comme néfastes, personne ne sortait plus de chez soi, dans l’attente des promesses de l’année qui allait commencer.
Quelle déveine de naître à ce moment là ! Quel mauvais augure !
 
Eh oui ! Je suis hélas venue au monde un 17 Juillet, vous vous rendez vous compte ? Un jour funeste et tragique s’il en fut, comme le croyaient déjà les Anciens. Voyez plutôt :
 
C’est un 17 Juillet qu’eut lieu le coup d’état d’un dénommé Franco, jour du début de la terrible Guerre d’Espagne qui a renversé la République pour installer la dictature ; premier jour d’une guerre civile sans excuse et de la souffrance immonde de tout un peuple et, surtout, de la mise sous la botte du " caudillo " des Basques et des Catalans, dont mon père était issu.
 
Le 17 Juillet est l’anniversaire du massacre des Romanov, le Tsar Nicolas II et toute sa famille, le jour du début de l’ignoble Révolution d’Octobre, qui a fait autant de victimes et de mal que les régimes précédents, tant abhorrés des Bolcheviks.
 
C’est le 17 Juillet 1909 que l’aviateur La Balme, ne parvenant pas à traverser la Manche avec son appareil moteur cassé, disparut, laissant la réussite de cet exploit à Louis Blériot.
 
C’est le 17 Juillet 1942 qu’eut lieu le second jour des innommables et honteuses rafles du Vel’ d’Hiv ? !!!?
 
Il y en a sûrement d’autres encore, de plus anciens, dont je n’ai pas connaissance. Alors, naître un 17Juillet, je vous demande un peu !
 
Et puis, cette date du 17 Juillet a connu les décès de personnages célèbres, tels le grand Sachem apache Geronimo en 1909, le mathématicien, physicien, philosophe et ingénieur français Henri Poincaré en 1912, le pilote automobile Juan Manuel Fangio en 1995, ou des artistes comme Billie Holiday en 1959, John Coltrane en 1967, Marcel Dadi en1996 ou, plus proche de nous, Bernard Giraudeau en 2010.
 
Sur cette date du 17 Juillet, je suis donc en assez bonne compagnie, ma foi !
 
Et encore, s’il ne s’était agi que de la date ! Mais ce fut pire encore car, si j’étais née un 14 Juillet ou même un 13, on eut pu me prénommer Victoire, bien que ce prénom fut déjà fort suranné lors de ma venue au monde.                                                           
Mais mon père a tenu à ce que je porte mon actuel prénom - très gracieux et original ma foi et que j’adore - ceci en souvenir de sa s?ur aînée, morte à dix huit ans, et de l’une de ses nièces qui a subi le même sort au même âge !!!
 
Pour couronner le tout, je suis née d’une mère qui ne voulait pas d’enfant ! Et SURTOUT PAS de FILLE !!! Mais je suis arrivée, la première de quatre. Heureusement que les trois autres, venus après moi, sont des garçons !
 
Alors, avec autant de vieilles lunes à traîner, pas étonnant qu’il ait fallu que je me batte, à commencer pour ma propre survie. Encore que... Peut-être aurait-il mieux valu que non ???
 
Bon voilà : je suis née, ce 17 Juillet là, petit bout de femme d’à peine 4 livres, comme on disait à l’époque, si chétive que l’on ne donnait pas cher de ma peau diaphane et que je n’arrivais même pas à téter. Peut-être ne le voulais-je pas, tout au fond de mon si petit moi ?
 
Ce 17 Juillet là, j’étais si fragile en venant au monde, que ma grand-mère maternelle crut bon de me faire ondoyer (*), au cas où, afin que ma petite âme de rien du tout retourne au ciel même sans avoir été baptisée si je ne m’en laissais pas le temps...
J’étais si faible, vu mon poids de naissance et mon refus de téter, que les S?urs, qui s’occupaient alors de la maternité, me faisaient suçoter sur le bout de leur petit doigt ce fameux lait condensé et sucré, apporté par les Américains en cette fin de guerre de l’année 1945.
 
C’est ce qui m’a sauvée, ou perdue, car il a fallu depuis que j’assume, vaille que vaille, tous les aléas et les désillusions dont ma vie, commencée sous cette bien mauvaise étoile, a été émaillée. À commencer par le goût prononcé pour tous les aliments fortement sucrés, dont je n’arrive pas à me défaire et qui me vaut ce tour de taille un peu trop enveloppé ! 
 
Mais surtout, oui surtout, le désamour de ma mère et ses incessantes humiliations, ses vexations trop souvent injustes, d’autant plus difficiles à supporter que j’étais une enfant particulièrement sensible et douce, ne réclamant que compréhension et gentillesse en retour.
 
Mais je dois dire que, même si cela me faisait mal, au fur et à mesure que je prenais de l’âge cela m’a forgé le caractère et m’a aidée, par la suite, à mieux supporter les autres déconvenues que la vie, ma vie, me réservait. Sans pour autant, j’en suis heureuse, me rendre dure ou insensible, bien au contraire : ayant vécu avec ce manque, ce sevrage d’amour maternel, je comprends mieux les difficultés des autres.
 
Heureusement, il y avait mon père qui, bien qu’un peu désarmé pour montrer ses sentiments surtout lorsque ma mère était présente, me chérissait, lui, justement parce que j’étais une fille : dans sa famille il n’y avait alors que des garçons, puisque les rares filles, sa s?ur, l’aînée de six garçons, et sa nièce, la fille de son frère aîné - étaient mortes à l’âge où l’on rêve d’amour...
 
Heureusement, il y avait mes grands parents maternels, ma grand-mère surtout qui palliait ma frustration du mieux qu’elle le pouvait et me gâtait de temps en temps mais, surtout, m’apportait la compréhension, l’écoute et la tendresse que me donnait si peu - ou si mal - ma mère.
 
Heureusement, il y eut ensuite mes trois frères. Oh, bien sûr, tant que nous avons été jeunes, avec les deux premiers nés 3 et 4 ans après moi et s’entendant comme larrons en foire, nous nous sommes bien souvent chamaillés, comme le font tous les frères et s?urs : c’est l’apprentissage de la vie en société. Mais ce n’était jamais très grave et, surtout, dès que ma mère s’en mêlait nous nous serrions aussitôt les coudes pour lui faire front.
Quant à mon dernier petit frère, j’avais sept ans passés lorsqu’il est né et je m’en suis beaucoup occupée, fière de me montrer avec lui lorsque j’allais le promener. Je l’ai même aidé à apprendre à lire et à écrire, ma mère n’ayant plus la patience de le faire et s’énervant tout de suite après lui lorsque cela n’allait pas assez vite à son gré. Ce qui me faisait tellement mal pour lui que je prenais alors le relais.
 
Heureusement, il y avait nos compagnons à quatre pattes : Flock d’abord, petite chienne-loup très douce et patiente avec les enfants. J’avais un peu plus de trois ans lorsqu’elle est arrivée, âgée d’à peine trois mois, à la maison et ce me fut souvent d’un grand réconfort de l’avoir près de moi.
Puis les chats qui se sont succédés à notre foyer - certains trop peu de temps hélas - Bicquet surtout, si câlin, qui a vécu jusqu’à sa mort près de nous. Ainsi qu’un couple de cochons d’Inde puis une lapine blanche.
Plus quelques poissons ou des tortues, terrestres et aussi d’eau douce, dans le jardin ; mais les relations ne sont pas les mêmes, bien sûr, même si elles sont très cordiales... En tout cas, tous ces petits compagnons m’étaient fort chers et furent tous une belle source de consolation.
Oui, tous ces gentils animaux de compagnie m’ont, à leur manière, aidée à surmonter les contrariétés et les chagrins que mon enfance m’a valus. Grand merci à eux tous. 
 
Ainsi, je fis mon petit bonne femme de chemin, cahin-caha, tant bien que mal. Jusqu’à devenir une adulte toujours douce et sensible mais au caractère mieux trempé, ayant appris très jeune à prendre du recul devant les évènements douloureux, bien que cela reste toujours très pénible malgré tout. Et, lorsque je regarde le chemin parcouru, je me dis qu’au fond l’éducation que ma mère m’a inculquée, pour difficile qu’elle fut, m’a plutôt rendu service pour la suite des évènements qui ont émaillé ma vie jusqu’à ce jour.
 
Et puis je me conforte en constatant que le 17 Juillet peut être, parfois, une bonne date, puisque c’est aussi : en 1429, le sacre de Charles VII à Reims ; en 1789,l’adoption de la cocarde tricolore grâce à Lafayette ; en 1951, l’accession au trône de Baudouin qui devient le cinquième roi des Belges ; en 1975, le premier amarrage des vaisseaux spatiaux Apollo l’américain  et Soyouz le russe ; en 1976, le début des Jeux Olympiques d’été à Montréal ; en 1979, l’élection de Simone Veil à la présidence du Parlement Européen... et j’en oublie sans soute, de plus ancien mais agréables.
 
Beaucoup de gens célèbres sont nés un 17 Juillet comme, pour n’en citer que quelques uns parmi les plus connus : le peintre Corot, Juan Antonio Samaranch, Cécile de France, David Hasselhoff ou Angela Merkel.
Et puis, c’est un 17 Juillet, en 1574, que le roi de France Henri III fut reçu en grande pompe à Venise. C’est tout dire.
 
En conclusion, le 17 Juillet peut aussi être un jour de joie voire de liesse, un jour où l’on oublie tous les mauvais autres jours de l’année, un jour où l’on peut se réjouir d’être né(e) un 17 Juillet. Ouf !!! Quelle chance !!!
 
                                                                                                                                                                                                                                    (25/06/2014)


(*) Ondoiement : Baptême où seule l’ablution baptismale était faite, sans les rites et les prières habituels. L’ondoiement était donné à un enfant en danger de mort (depuis 1969, cette pratique n’existe plus).

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15
AOÛT 2015

Tour de France
par Colombe


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TOUR de FRANCE                       
 
Ah ! Comme il est heureux, Tom DUMOULIN (du moulin), de partir des Pays Bas pour ce Tour de France 2015 ! Car il est là en pays de connaissance, parmi tous les moulins qu’il peut croiser sur sa route !
Cette année, avec tout ce soleil, les coureurs sont déjà tous plus ou moins bronzés. Mais en réalité, il n’y a que Frédéric qui soit réellement BRUN (brun)...
Parfois, lorsque çà roule plus calmement, on peut entendre Contador chantonner :
« FROOME FROOME, FROOME FROOME, (frou frou, frou frou) fais-moi un peu de place, FROOME FROOME, FROOME FROOME, pour que je te dépasse... »
Mais Froome n’est pas en reste et grommelle entre ses dents :
« Yes yes, I see ! But no, no ! If you crois CONTADOR (qu’on t’adore), I think no ! »
Chez les Français, çà commence à BARDET (barder), surtout que la veille au soir ils ont eu de la SOUPE (soupe) et du RIBLON (riz blond). Et çà cogite fort sous le BONNET (bonnet), pardon, sous le casque de PÉRAUD (Pérault) qui DÉMARRE (démarre) comme le ROY (roi) dans les contes.
ANDERSEN (Andersen) avance lui aussi comme dans un conte mais, soudain, BOOM BOOM (boum boum), voilà que ROLLAND (Roland) se prend un COQUARD (coquart) : on se croirait à Roncevaux !  Il crie :
« Dites donc, vous êtes pas GENE (gênés) !!! Vous savez, je VOECKLER (vois clair) dans votre jeu ! Et y en a RAST l’ bol (ras le bol) de vos façons ! »
Mais on lui répond : « C’est pas notre faute : c’est vous qui nous GENIEZ (géniez) ! »
Tout à coup, CARUSO (Caruso) pousse la chansonnette pour détendre l’atmosphère, mais il tombe sur un OSS (Os) car un GALLOPIN (galopin), qui s’est mis sur son TRENTIN (trente et un), se met à esquisser une VALLS (valse) !!
Parvenu enfin en Charente, PINOT (Pineau), fatigué, aurait préféré prendre le BAK (bac), mais il pense qu’un petit verre pourra l’EDET (aider), car il a l’impression qu’il PORTE (porte) carrément une ROCHE (roche) sur le dos !!! Pour lui, ce Tour n’est guère CLEMENT (clément).
« Arrête ton SCHAR (char), çà va HALLER (aller) » - ne cesse-t-il de s’exhorter en ajoutant :« Mets-y du NERZ (nerf) que diable ! »
Mais, décidément trop épuisé, il préfère prendre LAPORTE (la porte) en pensant :
« Être sans arrêt sur une selle et toujours SANCHEZ (sans chaise), ce n’est pas drôle du tout ! »
Et il se réfugie alors à l’ombre DELAPLACE (de la place) où les arbres sont bien FEILLU (feuillus) en pensant :
« En plus, KANGERT (quand j’ai) faim, j’suis plus bon à rien ! »
 
Noms des coureurs utilisés
(Sans aucune méchanceté, mais c’était trop tentant !)
 
Michael-Valgren ANDERSEN.Lars BAK. Romain BARDET. William BONNET. Lars BOOM. Frédéric BRUN. Damiano ou Gianpaulo CARUSO.Stef CLEMENT. Alberto CONTADOR. Bryan COQUARD. Anthony DELAPLACE. Arnaud DÉMARRE. Tom DUMOULIN. Nicolas EDET. Brice FEILLU. Christopher FROOME. Tony GALLOPIN. Yohann GENE. Alexandre GÉNIEZ. Marco HALLER. Tanel KANGERT. Christophe LAPORTE. Dominique NERZ. Daniel OSS. Jean-Christophe PÉRAUD. Thibaut PINOT. Richie PORTE. Gregory RAST. Christophe RIBLON. Nicolas ROCHE. Pierre ROLLAND. Jérémy ROY.  Samuel SANCHEZ. Michael SCHAR. Geoffrey SOUPE.  Matteo TRENTIN. Rafael VALLS-Ferri. Thomas VOECKLER.



                                                                                               


                                                                                                    

 
                                                                                                                                                                                                                                     (10/07/15)                                                                                                            
 

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De nicole le 15/08/2015
Et bien Colombe, quand tu pédales, tu pédales....Très original, ce compte-rendu du tour de France..on a hâte de t'entendre le dire...

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